La web-revue du Leadership Humaniste, par Pascal Ponty

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Cultiver optimisme et bien-être est bon pour la santé des personnes, des entreprises et de la société

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Se faire du souci, du « mauvais sang », s’angoisser pour l’avenir. Il s’agit là d’une capacité naturelle, propre à l’humain, permettant d’anticiper les dangers et les problèmes afin de les éviter ou de les résoudre. Il s’agit donc d’un phénomène positif et utile… dans une certaine mesure. Mais au-delà d’un certain cap, l’inquiétude et les « ruminations » pour tenter de tout contrôler ou prévoir au travers de scenarii catastrophes suractive les zones cérébrales du traitement des émotions et de la peur. Cela peut alors bloquer les initiatives, les projets, l’audace nécessaire à toute innovation. Plusieurs expériences menées par des universitaires ont montré que plus on ressasse des pensées négatives, plus les situations menaçantes nous semblent réelles, obsédantes, et le risque d’inhiber l’action grandit.
L’optimisme est bon pour la santé
« J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé » – Cette phrase de Voltaire était une vérité personnelle empirique mais affirmait de fait une réalité scientifique bien avant que les sciences l’aient démontrée.
En effet, l’hyper vigilance que provoque l’anxiété peut engendrer des troubles cardiovasculaires car la fréquence cardiaque demeure à un niveau élevé, même au repos. Et par ailleurs, elle peut également provoquer une baisse des défenses immunitaires en raison d’une production prolongée de cortisol. A l’inverse, des études ont montré que bien-être et optimisme sont facteurs de santé. Les personnes optimistes ont tendance à avoir des défenses immunitaires plus puissantes que la moyenne des gens et ont une espérance de vie plus grande. Elles produisent en effet moins de cortisol sur de longues durées. A tel point que des personnes optimistes atteintes de maladies graves (le sida par exemple) voient retardé le développement des symptômes et vivent plus longtemps que les personnes ayant une vision sombre de leur avenir.
L’optimisme facilite la réussite
Des chercheurs tels que Martin Seligman, Peter Schulman, Harold Zullow ont montré que les croyances positives des optimistes et leur confiance en eux les rendent persévérants, plus efficaces à terme. Les études ont notamment été menées pour les métiers de vente, dans les milieux de hautes études (l’Académie de West Point) et dans les milieux politiques. Dans tous les cas, les résultats convergent : l’optimisme entraîne davantage de réussites et en est un facteur important.
 L’optimisme, ça se cultive ?
La phrase de Voltaire « J’ai décidé d’être heureux… » semble signifier que le bonheur, le bien-être (et l’optimisme qui en est source) a quelque chose de volontaire, d’évolutif, d’adaptatif. Qu’en est-il ?
La psychologie positive, qui a émergé dans les années 60, s’intéresse scientifiquement aux mécanismes d’épanouissement et de bien-être des personnes, mais aussi au fonctionnement optimal des groupes sociaux et des institutions.
La santé, mentale et physique, n’est plus caractérisée seulement par l’absence de maladie. C’est un état de bien-être nécessaire pour faire face aux situations quotidiennes, mener un travail efficacement et avoir des relations sociales. Ainsi la psychologie positive, contrairement à d’autres branches de la psychologie, ne se centre pas sur les dysfonctionnements humains ou les pathologies mais étudie les éléments qui aident à développer du mieux être personnel et social, à se prémunir contre un stress inhibant et destructeur.
La démarche scientifique de la psychologie positive prend en compte l’humain dans son intégralité, avec ses contraintes et ses atouts. Elle s’appuie sur ces ressources pour aider au développement de solutions face aux difficultés. Parmi les ressources identifiées comme réels facteurs de santé et de réussite :
  •          L’optimisme
  •          L’humeur positive
  •          L’espoir
  •          La gratitude
  •          Le pardon
  •          La créativité
Il semble que les ressentis positifs (bien-être et optimisme) favorisent une vision globale des situations quand les émotions négatives n’offrent qu’une vision rétrécie des perspectives de solutions (études menées à l’Université du Michigan par B. Fredrickson et C. Branigan). Les travaux menés depuis les années 90 montrent que l’optimisme, souvent caricaturé ou moqué n’est ni naïveté, aveuglement ou angélisme béat. Face aux situations délicates, les optimistes sont conscients des difficultés rencontrées. Loin de se voiler la face, ils abordent les problèmes de façon constructive, sans fatalisme et sans mésestimer leur capacité à être acteurs d’un changement et d’une issue. Ils sont davantage focalisés sur une recherche de solutions que sur un évitement ou une rumination du problème. La confiance en soi est véritablement un élément qui développe et entretient l’optimisme. Elle est donc une des pistes qu’il est important de travailler pour évoluer vers davantage d’optimisme.
Le développement d’une vision optimiste est très influencé par l’approche éducative parentale et enseignante. Un enfant / élève valorisé, encouragé, à qu’il ‘on apprend à construire à partir de ses erreurs, à réfléchir, s’améliorer et à devenir autonome par la recherche de solutions façonnera un rapport au monde plus optimiste.
Néanmoins, si l’éducation en nous a pas conduits à voir le verre à moitié plein, nous ne sommes pas condamnés à errer dans un fatalisme stagnant, un catastrophisme bloquant ou de sombres prédictions auto réalisatrices. Un groupe de chercheurs en psychologie positive de l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie (Marie Forgeard, Martin Seligman, Karen Reivich, Jane Gillham) ont mis au point un programme en 12 sessions (Penn Resilency Program) pour aider des adolescents à construire des interprétations plus constructives face aux situations difficiles. Le programme a démontré son efficacité au travers de 17 études menées dans plusieurs pays.
L’éducation à l’optimisme peut aussi s’opérer à l’âge adulte. Comme tout changement, cela ne peut s’opérer qu’à partir d’une volonté personnelle et d’une prise de consciences d’un intérêt à changer. Puis c’est un travail de persévérance qui peut commencer, par exemple, par le fait de noter chaque jour 3 éléments positifs de sa vie en donnant une raison au côté positif de ces éléments. (dispositif mis au point par Martin Seligman). Cela ne s’arrête bien sûr pas là et selon l’ampleur de l’objectif, il peut être utile d’être accompagné pour transformer l’évaluation des situations et passer d’un pessimisme automatique, limbique, à un optimisme construit, préfrontal.
Quand on connaît les effets bénéfiques de l’optimisme et que le besoin, comme actuellement, s’en fait aussi profondément ressentir tant au niveau des individus que des entreprises et de la société tout entière, on peut espérer que chacun puisse travailler pour activer une force particulière. Une force qui nous permette de cultiver en profondeur et durablement cet optimisme tellement nécessaire : La force d’y croire.1
1 Référence au titre de l’ouvrage de Sophie Jacquest et Emmanuelle Dépollier « La force d’y croire » –  Seconde éd., 2002

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